lundi 6 mai 2013

Article du bulletin municipal de mai 2013


Se battre pour ses intérêts
Avec les manifestations des opposants au mariage homosexuel, la droite maintient la pression sur le gouvernement. Dans son sillage, il y a aussi la droite extrême qui pousse à la radicalisation.
Il ne faut pas laisser les beaux quartiers et les fils à papa prétendre parler au nom du peuple. 
Il faut qu’en face les travailleurs réagissent sur leur terrain et qu’ils montrent à tous ceux qui se gargarisent du mot "peuple" que c’est le monde du travail qui fait tourner l’économie et qu’il peut aussi se battre pour ses intérêts. Pour l’augmentation des salaires, pour la répartition du travail entre tous, pour le contrôle des comptes des entreprises et des riches.
La droite et les privilégiés ont sauté sur un prétexte pour combattre le gouvernement Hollande-Ayrault qui fait, comme hier Sarkozy, une politique au service du patronat. Les travailleurs, eux, ont de vraies raisons de le faire, car il s’agit de la défense de leur emploi, de leur salaire, de leur retraite, de leur droit à la vie.

vendredi 5 avril 2013

Article du bulletin municipal d'avril 2013


Retraites : Hollande comme Sarkozy

            Le gouvernement Hollande-Ayrault prépare une nouvelle régression des retraites qui va aggraver celle imposée en 2010 par Sarkozy. Le prétexte en serait un déficit des retraites de vingt milliards, précisément ce que le gouvernement donne au grand patronat avec son plan compétitivité.
         Rien n'est encore officiel, mais il s'apprête à allonger la durée de cotisation ou à augmenter les cotisations des salariés ou à reporter l'âge de départ à la retraite.
         Et comme il ne veut pas toucher aux profits accumulés par les capitalistes, il pourrait bien faire les trois à la fois.
         Les dirigeants socialistes démontrent qu’un gouvernement "de gauche" défend, tout autant que la droite, les intérêts des plus riches.
         Mais ce n'est pas parce que les ministres se disent de gauche que les travailleurs sont prêts à tout accepter. Aussi, pour faire reculer le grand patronat et le gouvernement il faut préparer un changement du rapport de forces en faveur du monde du travail.

Cérémonie d’hommage à Dominique Wailly, militant de Lutte Ouvrière et de la CGT le 3 avril 2013



Le mercredi 27 mars, Dominique Wailly est mort d’un cancer contre lequel il luttait depuis trois ans. Il avait 60 ans et il venait tout juste de prendre sa retraite.
Le mercredi 3 avril, une cérémonie d’hommage à Dominique s’est tenue dans la salle de l’Avenir à Dunkerque. Près de 400 personnes, famille, amis, nombreux ouvriers d’Aluminium Dunkerque, militants de la CGT, de Lutte Ouvrière, du PCF, du NPA, se sont rassemblés à la mémoire de notre camarade. La réunion s’est close avec le chant de L’Internationale.
Voici les discours prononcés :

Discours d’Eric Pecqueur, porte-parole régional de Lutte Ouvrière et responsable CGT à Toyota-Onnaing
Déjà lycéen, à l’heure où certains rêvent de se construire une carrière, ce qui intéressait le plus Dominique, c’était comment se débarrasser du capitalisme.
Cela commençait par lire, apprendre et comprendre et il était plutôt bon pour ça.
Ce qui lui plaisait, c'était la lutte parce qu'il avait appris dans ses lectures que les luttes rendaient les gens meilleurs et que la lutte collective était bien plus intéressante que l'individua­lisme. Il était convaincu aussi qu'on ne pourra pas renverser le capitalisme et la loi du profit, autrement que par la lutte.
On n'était pas loin de 1968, deux ans après, quand il a décidé de s'engager en politique.
Dans mai juin 68, beaucoup avaient surtout voulu voir le rôle des étudiants. Lui, ce qu'il y avait vu surtout, c'était la force de la classe ouvrière. Plus rien ne fonctionnait quand les travailleurs étaient en grève générale.
Beaucoup de ceux qui avaient vécu 1968 se sont ensuite découragés parce qu'ils avaient été emballés par la vague et ils n'ont pas supporté le reflux. Pas lui... Au contraire, il a toujours pensé qu'il y aurait d'autres luttes et bien plus importantes encore. Alors, il avait toujours la volonté de les préparer. Et cela veut dire toujours avoir la préoccupation de convaincre, d'organiser, d'entraîner.
Comme tout le monde, tout du moins ceux qui ne sont pas nés avec une cuillère d’argent dans la bouche, il a dû gagner sa vie, il choisit de le faire là où  il pourrait côtoyer le plus de travailleurs possibles, si possible dans les grandes entreprises.
Ajusteur-outilleur, il se fit embaucher en 1974 à Massey-Fergusson, une usine de moissonneuses batteuses  à Marquette, à côté de Lille.
Il y travailla pendant une dizaine d’années, comme ouvrier bien sûr mais surtout comme militant de Lutte Ouvrière, et aussi comme militant syndical, comme le font naturellement tous ceux qui se réclament du communisme.
Il y resta jusqu’à ce que le trust jette tous les travailleurs à la rue pour  aller arrondir sa fortune ailleurs. C’était à l’époque du retour de la gauche au gouvernement en France sous le premier septennat de  Mitterrand.
Si Dominique ne se faisait aucune illusion sur le soutien qu’apporterait le gouvernement Mauroy aux ouvriers en lutte contre la fermeture de leur usine, beaucoup de travailleurs, et parmi eux  l’immense majorité des cégétistes nombreux dans l’entreprise, découvrirent avec stupeur que le gouvernement de gauche respectait avant tout les choix des grands patrons.
La lutte contre les licenciements dans une entreprise isolée ne pouvait pas être victorieuse, même en se battant courageusement, l’entreprise ferma.
Après Massey, commença pour Dominique comme pour beaucoup de ses compagnons, des années de travail comme ouvrier intérimaire ou dans la sous-traitance.
Un travail souvent dur, quelques temps dans le textile au peignage Amédée ou à la filature de la Tossée, à la Snecma dans la région parisienne, en passant par la Céllatose près de Lille, une fromagerie en Belgique, près de Bruxelles. La Française de mécanique près de Lens, Renault à Douai ou La verrerie d’Arques.
Des années difficiles pour gagner sa vie, mais aussi pour militer, car lorsqu’on veut se faire embaucher, il faut accepter tous les boulots, tous les horaires, y compris trop souvent des heures supplémentaires qui fatiguent dans tous les sens du terme.
Il faut savoir se taire et pourtant il faut savoir défendre et faire connaitre ses idées quand même. Et il a su aussi apprendre dans les multiples boulots qu'il a faits. D'abord parce qu'il aimait les gens. Et il savait connaître ceux avec qui il travaillait.
Il savait aussi se nourrir de tout ce que les autres pouvaient lui apprendre. Tous ceux qui l'ont connu savent que s'il savait parler, il savait aussi très bien écouter et poser les questions qu'il fallait pour comprendre tous ceux qui l'entouraient.
En 1991, il entrait à Aluminium Dunkerque, d’abord avec une entreprise sous-traitante, puis il se fit embaucher.
Pendant 20 ans il sut s’y faire apprécier de ses camarades et haïr de ses patrons. Je ne vous parlerai pas des luttes à AD, en particulier des grèves de 1994 et de 2000, beaucoup ici ont bien connu le rôle dirigeant que Dominique a pu y jouer.
Je voudrais juste ajouter quelques mots sur le rôle qu’il a pu jouer dans beaucoup d’entreprises du Calaisis et du Dunkerquois, car, il n’est jamais resté enfermé dans son usine où il dirigeait la CGT.
Il a aidé à former des syndicats dans de nombreuses petites entreprises, quelle que soit la branche de l’usine en question. Quand une grève éclatait dans la région, il savait tout de suite s’y intéresser, et si possible aider à l’organisation, donner des idées pour éviter les pièges du patron, donner le moral à ceux pour qui c’était souvent la première lutte. Le corporatisme lui était étranger et  le nationalisme était son ennemi.
Même parmi les militants, il y a beaucoup de travailleurs qui désespèrent des autres travailleurs, qui pensent qu'on ne pourra jamais plus changer les choses. Lui, il n'a jamais été comme ça. Même des défaites ou des reculs, cela peut servir si on sait les comprendre et en tirer les leçons. Voilà comment il voyait les choses parce qu'il était avant tout un militant.
A l'inverse, il y en a qui s'enflamment et prennent leurs désirs pour des réalités. Là encore, il savait comment ramener à la réalité et  expliquer ce qui était possible et ce qui ne l'était pas. Ces qualités militantes là, elles sont utiles à tout un groupe. Et Dominique nous était utile tout le temps dans notre parti comme il a su l'être pour ses camarades de travail dans toutes les entreprises où il a eu une activité politique et syndicale.
Alors, Dominique nous manque parce qu'il était chaleureux, il était drôle, il était malin et humainement attachant. On avait envie d'être parmi ses camarades, on ne peut pas le dire autrement...
Mais le militant nous manque parce qu'il avait accumulé toute une expérience précieuse. C'est le genre d'expérience que l'on ne peut acquérir que par la lutte quotidienne et la fidélité aux idéaux d'émancipation de la classe ouvrière.
Il nous manque enfin parce qu'il avait du talent pour transmettre cette expérience aux plus jeunes. Comme il savait transmettre ce qui manque souvent aujourd'hui : la fierté d'être ouvrier et plus encore, la fierté d'être un ouvrier communiste.
Il faisait tout pour que les idées communistes redeviennent les idées de la classe ouvrière. Il était persuadé que ces idées reviendraient en force, ne serait-ce que parce que le capitalisme lui-même précipite le monde dans la crise et parce que le problème de changer de société va forcément se poser.
C'est le capitalisme qui va provoquer l'explosion sociale. Dominique ne la verra pas, mais il aura fait largement sa part du travail pour transmettre les idées qui seront utiles demain.

Hommage à notre camarade Dominique Wailly  par Marcel Croquefer, responsable CGT du dunkerquois

Peu avant son décès, Dominique m’a confié cette lourde tâche d’honorer sa mémoire en cette salle ouvrière CGT de l’Avenir. Je souhaite de tout mon cœur être à la hauteur de l’homme, du camarade,  que vous être nombreuses et nombreux à avoir apprécié… Pour cela, j’appelle le secrétariat de l’Union Locale à mes côtés.

« Chers camarades,
C’est avec une certaine émotion que je m’adresse à vous. La maladie m’a empêché d’être physiquement à vos côtés ces trois dernières années. Je tiens à renouveler mon amitié envers vous tous. J’ai rencontré beaucoup de camarades et d’opérateurs qui disent que je leur manque. A moi aussi, vous m’avez beaucoup manqué. Oh ce n’est pas le boulot qui m’a manqué, mais avant tout votre amitié, les débats et les discussions, la solidarité, la lutte, les assemblées générales et les parties de rigolade…mais la vie n’est pas un long fleuve tranquille. »
Voici, Dominique comment tu as débuté ton discours lors du dernier congrès  de ton syndicat CGT AD, en octobre dernier. Comment pouvions-nous imaginer alors que moins de 6 mois plus tard, nous serions là à partager notre tristesse,  pour ton départ prématuré ?
Ta vie militante au sein de la CGT a été pleine et entière.
C’est avec mai 68, à l’âge de 17 ans, que tu découvres le combat ouvrier, il ne te quittera plus jamais ! Tu rejoins Lutte Ouvrière, notre camarade précédent en a parlé. C’est en 1972 que tu adhères à la CGT, au tri postal de Lille. 
Du haut de tes 20 ans, tu assumes ensuite ton premier mandat de représentant du personnel chez Massey Fergusson, ton nouvel employeur. Tu vas connaître alors les énormes Assemblées Générales de l’époque dans les grandes entreprises, puis les grandes grèves, les confrontations musclées  avec les CRS  alors que les patrons ont  décidé la fermeture de l’outil de travail collectif et que l’Etat vient à leur rescousse, comme trop souvent !
En 1984, c’est le licenciement !  Le chômage à l’époque ne dure guère longtemps et  les petits boulots d’intérims s’enchaînent. Tu connais alors le travail en sous-traitance…  une période  difficile mais qui va entretenir  ta soif de combat, qui va te permettre d’acquérir, selon tes propres mots « une certaine expérience à propos de l’exploitation capitaliste, des grèves et de l’état d’esprit des travailleurs ».
Cette période va être riche en contacts avec de nombreux militants qui vont te transmettre leurs connaissances et qui vont t’encourager à la lecture.
La lecture, un autre de tes chevaux de bataille. Combien de fois ne m’as-tu pas dit tes regrets de voir que les camarades ne lisent pas assez… qu’ils ne connaissent pas l’histoire sociale de leur pays… ou plutôt qu’ils n’en connaissent que ce que les bourgeois, les patrons et ceux qui les soutiennent veulent bien leur laisser croire, dans leur intérêt de classe ! 
Lire est indispensable pour comprendre le monde dans lequel nous vivons : savoir d’où l’on vient pour mieux comprendre où l’on va…   mais j’entends que tu me corriges encore… savoir d’où l’on vient pour décider ensemble où l’on va !
C’est en 1991 que tu es recruté par Péchiney pour travailler à Aluminium Dunkerque,  dans cette grande usine moderne, cette usine qui se voulait un nouveau modèle selon ses patrons et concepteurs  Jean Gandois et Martine Aubry.
Tu as écrit : « J’ai découvert le patio central. J’avais l’impression de me retrouver dans un hall de faculté, avec tous ces jeunes opérateurs regroupés autour des machines à café gratuites, enthousiastes, contents d’avoir un boulot et avec une naïveté qui me laissait les bras ballants.
Beaucoup faisaient encore des formations et j’avais le sentiment qu’ils se faisaient avoir par les discours sur l’usine modèle, les nouvelles organisations du travail et les progrès techniques avec des conditions de travail au top…Ils allaient déchanter ».
Ils  vont en effet rapidement déchanter, car l’exploitation patronale est  bien là et tu ne tarderas pas à prendre les commandes du combat  à la tête du tout nouveau syndicat CGT créé avec une quinzaine de camarades en 1992 et avec l’aide de la Fédération Chimie CGT et de son représentant local,  François que tu vas côtoyer ensuite durant de longues années. 
Très vite tu vas ensuite intégrer l’union Locale CGT de Dunkerque, puis  sa commission exécutive, car pas question pour toi de rester enfermé dans la boîte : le combat syndical contre le patronat et le capitalisme, ça se mène tous ensemble !!
C’est  toujours dans cet état d’esprit que tu vas intégrer la Commission Exécutive  de l’Union Départementale du Nord, pour y représenter et défendre une CGT chimie offensive alors que notre mouvement syndical se cherche une nouvelle voie.  
Combien d’interventions as-tu  faites dans les diverses assemblées générales de la CGT, te levant et prenant souvent la parole sans micro.
Il en résultait chez beaucoup des camarades présents un véritable respect, même par ceux qui n'étaient pas toujours d'accord  avec ton analyse ou tes propositions. 
Car tu commençais toujours en restituant l’action syndicale du moment dans le contexte social et politique, en passant souvent par un tour d'horizon de l'état de la classe ouvrière,  et tu finissais toujours par une proposition de lutte !  
Et les luttes, tu n’en as pas loupé beaucoup !  Ta participation systématique aux diverses manifestations organisées par la CGT t’a rapidement rompu  à l’art du  comptage des manifestants !  Qui n’en a pas souvenir à Dunkerque ?
Et qui ne se souvient pas de cette grève de 35 jours pour les 35 heures que tu as su développer chez AD par l’installation d’une démocratie de base irréprochable, qui va entraîner tous les syndicats dans le sillage, y compris le syndicat des cadres…  la CFE CGT comme tu aimais les plaisanter ! 
Car comme tout à chacun, tu aimais bien rire Dominique… Tu étais même  bon public, mais quand la blague le méritait.

Ta culture que tu savais faire partager à l’occasion était aussi énormément appréciée : musée, peinture, musique,  voyages ...  « rien n’est à renier tout est à découvrir » disais-tu. Tu aimais également beaucoup  l’opéra. « La culture ne doit pas être réservée à une prétendue élite »  me confiais-tu encore récemment.
Quelques jours avant ton décès,  tu me disais  « On n’a pas été forcément d’accord sur tout, notamment sur les solutions politiques,  mais nous avons toujours su  respecter nos opinions ».  Je poursuivais « L’essentiel est de mettre en avant ce qui nous unit, savoir  laisser de côté ce qui nous différencie et faire preuve en toute circonstance de solidarité ». 
Tu me disais aussi, « pour mes obsèques, Marcel, je compte sur toi pour trouver les mots, pour ne pas faire un baratin, que ce soit un acte militant ».  Dominique, les mots je t’avoue avoir eu beaucoup de mal à les trouver dans de telles circonstances. C’est pourquoi tu m’autoriseras à reprendre un nouvel extrait de ton intervention d’octobre dernier dans lequel tu disais :
« Il nous faut maintenir l’esprit de solidarité, nous exprimer contre l’individualisme, contre le racisme, contre le corporatisme, contre les discours dans lesquels  « les pauvres se bouffent entre eux »,  contre toutes les tentatives de divisions entre travailleurs,  entre ceux du public et du privé…  dès que nous sentons qu’un mécontentement s’exprime, nous devons réunir nos camarades, lister nos revendications, les faire approuver et voir quels moyens d’action nous mettons en œuvre…  C’est par la lutte interprofessionnelle, la grève dans tout le pays, comme en juin 36 ou mai 68, que  l’on pourra combattre efficacement  le chômage, la précarité et l’hémorragie des suppressions d’emplois…   il faudra imposer l’interdiction des licenciements, le partage du travail entre tous sans perte de salaire en prenant sur les profits des entreprises, l’augmentation générale des salaires d’au moins 300 euros par mois et l’échelle mobile des salaires pour lutter contre la hausse des prix . Pour gagner, c’est une question de rapport de forces face au patronat. Les patrons ont le culot de dire qu’ils ne sont pas des pigeons…Ne soyons pas des poules mouillées ! »
Par ma bouche, tes déclarations ainsi renouvelées  ne sont pas que des mots, mais le fruit  d’expériences renouvelées, le résultat d’un réel  vécu militant, à l’exemple  du  premier grand conflit  que tu as construit à Péchiney  AD.  Je ne résiste pas à partager un article de la presse patronale de l’époque, qui  définit très bien la portée de ce combat :

« PECHINEY  -  L'USINE MODELE DANS LE BROUILLARD
Un sentiment de faillite flotte au vent mauvais, il pleut sur Loon-Plage. Bardé dans son carénage argenté, le fleuron du Groupe Pechiney sombre dans la déprime, trois ans après être sorti des sables. Les portes se ferment, et les bouches aussi. La direction de l'usine d'aluminium la plus moderne du monde se mure dans un silence qui tranche avec l'ostentatoire inauguration du site de Dunkerque, lorsque les promoteurs de ce nouveau modèle social avaient complaisamment laissé se déployer une forêt de caméras et de micros. Aujourd'hui, les journalistes sont priés de revenir plus tard. Treize jours de grève sont passés par là, du 25 octobre au 6 novembre 1994. Un conflit très dur que personne n'a vu arriver, déclenché pour de banales revendications salariales là même où la lutte des classes semblait appartenir à un temps révolu.
Un conflit fatal ? Ceux qui avaient voulu inventer l'usine du futur semblent avoir été ramenés de force dans leur siècle. Le mythe Aluminium-Dunkerque s'est effondré, tonne le représentant de Force Ouvrière. Un nouveau rapport de forces s'est instauré, triomphe le leader de la CGT, Dominique Wailly, son casque rouge à la main. »
En ce moment précis, Dominique, nous te voyons…   c’est bien toi qui est là  à nous  rappeler : Quelles que soient les circonstances, quelles que soient les difficultés, ne jamais rien lâcher,  travailler syndicalement,  prendre son temps, attendre son moment… et même quand les forces en jeu semblent irrémédiablement du côté patronal, oser défendre la revendication de la base, celle que tout le monde attend, celle que personne n’osera reprocher de ne pas avoir obtenue à condition de l’avoir véritablement défendue ! 
Cette leçon reste pleinement d’actualité. Nous avons encore beaucoup de travail et de patience  à développer, nous avons encore le moment à attendre, mais nous allons mener à nouveau irrémédiablement de grands combats et remporter de nouvelles victoires  pour le monde ouvrier !
Merci Dominique pour la route que, comme beaucoup d’autres de nos camarades,  tu nous as ainsi tracée.  Tu resteras encore longtemps dans nos cœurs, dans chacun de nos combats, à nos côtés.
Au nom de toute la CGT, de l’Union Locale de Dunkerque, de l’Union Départementale du Nord, de la Fédération Nationale des Industries Chimiques, du Pôle Chimie du littoral dunkerquois, des nombreux syndicalistes qui  t’ont rencontré, des grévistes et travailleurs que tu as soutenus, au nom de tes camarades du syndicat CGT AD, je reviens de nouveau sur tes derniers propos…   que résonne une fois encore ton discours  dans cette salle emblématique de l’Avenir :
« Camarades, je vous souhaite beaucoup d’amitié, d’union et de fraternité entre vous. Sachez maintenir la confiance envers la CGT.
Préparez-vous aux prochains combats contre le patronat et son gouvernement car la partie ne sera pas facile. Serrez-vous les coudes et ne vous laissez pas aller au découragement.
Le moment viendra où le monde du travail fera éclater sa colère et, si nous militons, c’est pour se préparer à cette nouvelle situation. Le changement viendra d’en bas.
Pour une CGT combative et de lutte de classe,
Vive la lutte des travailleurs,
Vive la CGT. »

Au revoir Dominique ! 

La salle entonne l’Internationale

mercredi 27 mars 2013

Conseil municipal du 18 mars 2013


Durant le conseil, je suis intervenu contre la demande de prolongation de la loi Duflot à Dunkerque au-delà du 30 juin 2013 proposée par la majorité : « La loi Duflot, après la loi Scellier de la droite, est une loi qui permet aux propriétaires de faire payer une partie de leur appartement, acheté en vue d’être loué pendant neuf ans, par l’Etat. Pour un appartement de 300.000 euros, la réduction d’impôt cumulée sera en neuf ans de 54.000 euros.
La loi Duflot se vante de fixer des plafonds de loyer de 20 % en dessous des prix du marché et des plafonds de ressources, ce qui constituerait son caractère social.
Mais comme la loi Duflot tient compte d'un coefficient multiplicateur pour le calcul du plafond de loyer, le propriétaire pourra en fait appliquer des loyers de marché, en particulier sur les logements de petite surface. Le tour est joué !
Et c’est ainsi que le gouvernement PS-Verts prétend contribuer à résoudre le manque criant de logements. Comme la droite, il favorise la spéculation  et la partie la plus à l’aise de la société.
Face à la pénurie de logements, l’État devrait et pourrait construire dans l’urgence, en embauchant directement tous les personnels nécessaires, depuis les architectes jusqu’aux maçons. Mais cette idée est sans doute trop socialiste pour ce gouvernement et la majorité municipale.
Je vote contre la motion. ».
Seul, j’ai voté contre. Tous les autres, droite comprise, ont voté pour.

La municipalité de Dunkerque a proposé de repousser à 2014 la mise en vigueur du passage à quatre jours et demi en primaire, j’ai pris position ainsi :
« En septembre 2007, le ministre de l’Éducation du gouvernement Sarkozy-Fillon, X. Darcos, décidait pour la rentrée 2008 de ramener le nombre d’heures de cours dans le primaire de 26 à 24 h et de supprimer la demi-journée du samedi matin. Il instituait des heures d’aide personnalisée le midi ou le soir au moment où il supprimait beaucoup de postes d’enseignants Rased (Réseaux d’aide aux élèves en difficulté) dans les écoles. M. Darcos le disait, il s’agissait de faire des économies. Les cinq années Sarkozy ont entraîné la suppression de 80.000 postes dans l’Éducation nationale.
Le retour aux neuf demi-journées par M. Peillon est lui aussi marqué  par des économies. Tout d’abord sur le dos des enseignants qui se déplaceront une fois de plus par semaine sans compensation et qui auront une demi-journée de présence et de travail à effectuer gratuitement.
Ensuite, il reporte les charges supplémentaires de la réforme sur les communes. L’horaire de la semaine restant le même, chaque école devra mettre en place durant la pause de midi ou avant la fin des classes des activités pédagogiques de soutien ou des activités périscolaires (musique, sports, etc).
Pour l’année 2013-2014, les communes adoptant le nouvel horaire toucheront pour le paiement des activités périscolaires 50 euros par élève et 45 euros de plus si elles cumulent les difficultés sociales. En 2014-2015, il n’y aura plus que la seconde aide. Après plus rien.
Ce chantage à l’argent montre le profond mépris qu’a le gouvernement pour tous ceux qui sont concernés par sa réforme. Il ne prend pas à sa charge les frais supplémentaires et les reporte sur les communes parce qu’il consacre avant tout l’argent public à soutenir les banques. Dans le même temps, le gouvernement diminue de 4,5 milliards dans les prochaines années les dotations aux collectivités locales pour financer le nouveau plan de subvention au patronat.
La prise en charge des activités périscolaires entraînera pour les communes des frais importants. Les activités périscolaires coûtant annuellement de 150 à 200 euros par élève, cela représente pour une commune comme Dunkerque de 1,15 à 1,4 million d’euros.
Vous proposez de reporter l’application de la réforme pour Dunkerque en 2014 après concertation avec les enseignants et les parents d’élèves ; pour avoir aussi le temps de mettre en place dans les 50 écoles les activités périscolaires. C’est évidemment plus raisonnable que de suivre le gouvernement dans le bricolage et l’improvisation.
Je m’abstiens car je ne veux pas en votant pour ce report sembler approuver la réforme.
Je pense que la première condition de l’amélioration de l’enseignement, c’est la remise en place des postes supprimés par la droite, de façon à diminuer le nombre d’élèves par classe.
Quoiqu’il dise, ce n’est pas la politique du gouvernement. Ainsi dans le Nord, avec 479 élèves en plus à la rentrée prochaine, plus de cent classes vont quand même être fermées après les centaines d’autres qui ont été fermées par la droite les années précédentes »
Mme Crockey, adjointe à l’Education m’a répondu qu’il n’y aurait pas de travail supplémentaire pour les enseignants et que le gouvernement allait remettre 60.000 postes dans l’Education nationale. Même si cela se réalise, cela ne  comblera pas les 80.000 postes supprimés par la droite et ces postes seront pris sur les autres ministères.

A propos du service public, Mme Gabant  (UMP) s’est félicitée au cours du conseil de la suppression d’une des deux tournées marron de ramassage des déchets dans des quartiers de Dunkerque, prise par la communauté urbaine dirigée par M. Delebarre.  Un accord contre le service public et la population.

J’avais voté pour la réfection du théâtre. Mais j’ai voté contre les avenants proposés, car conjugués à ceux déjà votés, ils représentent une augmentation du coût de 300.000 euros. 

samedi 2 mars 2013

Article du bulletin municipal de mars 2013


Non à la casse des usines par le patronat !  
    En 2012 en France, 266 usines de plus de 10 salariés ont fermé, une par jour ouvré. Et cela continue avec PSA Aulnay et Rennes, Goodyear, les hauts-fourneaux d'ArcelorMittal, Petroplus, Virgin, Sanofi, Candia, etc. La direction de Renault se targue de ne pas fermer d'usine mais elle veut supprimer plus de 8 000 emplois, l'équivalent d'une ou deux usines.
Le gouvernement justifie ces plans de casse patronaux. Plus, il a envoyé les CRS réprimer violemment les travailleurs d’ArcelorMittal qui manifestaient à Strasbourg.
Dans cette période de crise, il faut que les travailleurs protègent les emplois et les salaires. Il faut interdire les licenciements. Il en va de la survie des familles populaires et de la société car les fermetures d'usine mènent à la faillite bien des petites entreprises, des artisans et ruinent toute l'économie.
L'argent existe : les actionnaires des entreprises du CAC 40 ont reçu 41 milliards de dividendes en 2012. Il faut le prendre où il est pour préserver les emplois et les salaires comme les retraites.